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Chroniques Historiques / L'étrange criquet du D-Day.
La Libération de Saint Martin Boulogne

Jules Pizzetta: voyageur libre en Pas-de-Calais

Le succès des éditions concernant la Seconde Guerre mondiale est certes lié à l’excellence des informations proposées par l’auteur, mais également à l’originalité du sujet. 

Après les commémorations du débarquement en Normandie et celles portant sur la libération du Nord – Pas-de-Calais, le téléspectateur a certainement été amené, à voir et à revoir, en version noir et blanc ou colorisée, le film de Darryl Francis Zanuck « Le jour le plus long » (‘The Longest Day’, tiré de l’ouvrage éponyme de Cornelius Ryan*). Pour fermer le ban du 60ème Anniversaire de la Libération sur OpaleHistoires.com, arrêtons-nous sur un objet de légende, que vous avez tous vu dans « le film » à savoir... le criquet dont les soldats des ‘Parachute Infantry Regiments’ (PIR) américains étaient munis lors de leur saut dans la nuit du 5 au 6 juin 1944. Histoire d’aller y voir plus près et de se décaler de la masse d’informations.    

Donc, à côté de la mitraillette Thompson M1928A1 ou de la carabine M1 se trouvait un petit accessoire métallique qui devait aussi assurer la survie du parachutiste désorienté dans cette nuit noire. Comment ? En l’actionnant – CLIC-CLAC ! – ses camarades à proximité pouvaient s’identifier par CLIC-CLAC-CLIC-CLAC soit une double action de l’accessoire ! L’impact du ‘Jour le plus long’ sur les foules, à juste titre d’ailleurs **, fut tel que la plupart des spectateurs ont été persuadés que le criquet était fourni à tous les parachutistes américains, et qui plus est que toutes les troupes Alliées en étaient dotées... Erreur parfaitement admissible, mais erreur quand même ! 

Michel De Trez, auteur belge spécialisé dans l’étude des parachutistes de la Seconde Guerre mondiale ***, a mené les recherches nécessaires pour vérifier l’origine exacte de ce fameux criquet. Et cette histoire extraordinaire est contée dans une monographie de 15 pages écrites en petits caractères et agrémentées de bonnes illustrations, le tout édité chez D-Day Publishing ****. Elle présente, bien entendu, la trouvaille géniale du General Maxwell Davenport Taylor (CO 101 Airborne Division), elle commente en détail la fabrication des différents modèles en Angleterre et leurs marquages, indique les forfaitures hollywoodiennes et s’achève sur la manière dont le parachutiste s’accommodait de cet ustensile plus que précieux pour sa survie : que d’imagination pratique imprégnée du système KISS***** ! J’ai apprécié la fixation sur la crosse de la Thompson à sa juste valeur. De plus, De Trez met les pendules à l’heure quant à la dotation réelle du criquet : de la belle histoire ‘parallèle’ !

Astucieusement, la monographie est accompagnée d’un exemplaire du criquet. Copie à l’authentique, la plus belle version d’ailleurs, manufacturée par une firme française. Il ne vous est pas possible de résister : CLIC-CLAC ! Personnellement, j’ai testé mon criquet par nuit claire, il « porte » à plus de 120 m et, conformément à une des illustrations, je l’ai habillé d’un cordon de cou. Ce criquet a dès lors rejoint ma panoplie : une arme sans autorisation et légalement vendue, cela ne se refuse pas 

Robert Dehon.

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POUR ALLER PLUS LOIN...

Le 60ème anniversaire de la libération au Nord de Boulogne

Trois expositions, réalisées par des bénévoles, se sont tenues ces dernières semaines pour commémorer la libération de Maninghen-Henne, Wimereux et Wimille. Il s’agissait de saluer les efforts et le courage du régiment canadien du North Shore (New Brunswick) qui a bouté l’occupant de ces localités. L’initiative provenait de M. Bernard Muselet, adjoint au maire de Maninghen-Henne et amateur d’histoire militaire. Abritées dans différents locaux officiels de ces entités, les expositions ont connu un excellent succès de foule, dont des visites d’enfants d’écoles. L’auteur de ces lignes a fourni les agrandissements plastifiés des journaux de marche du North Shore pour la période, accompagnés de leurs traductions françaises, illustrées de divers documents photographiques. L’équipe de l’Association Fort de la Crèche participait à l’effort commun. Rappelons, pour clarifier les idées, que la zone au nord de Boulogne fut libérée par les trois régiments canadiens suivants : le North Shore (New Brunswick), le Queen’s Own Rifles of Canada et La Chaudière, ces deux régiments s’occupant particulièrement de l’attaque sur le fort de la Crèche. Maninghen-Henne, Wimereux et Wimille furent donc libérés par les troupes du North Shore (New Brunswick): c’est une évidence historique !  

NOTES
*C. Ryan, décédé en 1976, est aussi l’auteur du livre « Un pont trop loin » (‘A Bridge Too Far’) également porté à l’écran en 1977 ; dirigé par Richard Attenborough accompagné de nombreuses vedettes, il est dit que le film a coûté plus cher que la bataille elle-même...
** le film a été tourné dans plusieurs pays avec une cohorte d’acteurs réputés et demeure un ‘must’ ; les plages de Colleville (Omaha Beach) sont en réalité en Corse ; curieusement, dans la série « Band of Brothers » de Steven Spielberg, on ne voit pas un seul criquet...
*** entre-autres un ouvrage concernant le Colonel Ben Vandervoort (CO 2 Bn. 505 PIR, 82 Airborne Div.), personnifié dans le ‘Jour le plus long’ par John Wayne qui explique le maniement du criquet à ses gars : la boucle est bouclée...
**** D-Day Publishing, voir www.d-day-publishing.be pour plus de détails, la monographie existe en français et en anglais, le criquet est, quant à lui, multilingue.
***** KISS : ‘Keep it simple, stupid !’ (‘Laisse les choses simples, canard !’).
 

 

 

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