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Chroniques Historiques / Le Portel sous les bombes.
Un ami a franchi la colline.
A Guy Bataille, In Memoriam.

Le Portel sous les bombes.
Le début de l’année 1943 voit le Reich nazi engranger de sévères difficultés. Le 2 février, la Bataille de Stalingrad s’achève par une défaite qui est considérée comme le tournant de la guerre. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne planchent sur un débarquement en Europe, il est repoussé à mai 1944 ‘au plus tard’. Entretemps, il est nécessaire d’intoxiquer Hitler et ses généraux. Dès lors en cette année est mise en place l’opération Bodyguard, ‘garde du corps’, qui inclura l’extraordinaire opération de manipulation Fortitude, une autre opération nommée Starkey visant le Pas-de-Calais s’achève par un carnage : celui de la ville côtière du Portel, juste au sud de Boulogne-sur-Mer. 

Il y a quelque temps était commémoré le soixante-dixième anniversaire du bombardement du Portel. Dans la presse ou sur la toile revenait cette curieuse ritournelle que ce florilège met en exergue : « Qu’est-ce qui peut (sic) expliquer qu’une ville et ses civils aient été entièrement détruits alors qu’aucun objectif militaire méritait un tel acharnement ? », ou « …les bombardements sur Le Portel, quelle cible, puisque les batteries défensives Allemandes des forts de Couppes et d’Alprech ainsi que celles du Mont Soleil n’ont pas été touchées ! ». Ou encore : « Les raisons officielles ou officieuses de cet acte ont été recherchées sans que la vérité soit découverte. Nous ne nous expliquons pas ces bombardements ». 
Le dépit, la tristesse, l’aigreur, la rage, - dans la mémoire collective -, sont bien entendu compréhensibles. Toutefois répéter à l’infini que les causes du bombardement sont soit inconnues ou, pire, qu’elles aient été étouffées relèvent d’une piètre connaissance des faits. En effet, depuis maintenant plus d’une vingtaine d’années, ce que l’on peut considérer comme une base de données est publiée avec suffisamment de détails officiels dont de très nombreuses références d’archive – les rapports d’activités rédigés à l’époque ne sont pas secrets ! – est à la disposition du lecteur. Cet ouvrage est rarement cité quoi que certains y puisent de l’information tirée de son contexte, selon l’humeur du jour. Ce travail acharné est celui d’un Britannique, Michael Cumming, qui a effectué des recherches dans les archives de plusieurs pays. La présente chronique se base sur ce volume qui, il est vrai, n’est pas d’une lecture très aisée, de plus il n’a jamais été traduit. Pour ceux qui dénigreront son apport historique, un séjour de vacances studieuses aux Archives de Kew, au sud-ouest de Londres, est conseillé, pour contrôler les faits de leur propre chef.
Bien entendu, dans le cadre somme toute limité de cette chronique les événements seront fortement condensés mais il est espéré qu’au final elle donnera envie de lire « The Starkey Sacrifice », pour y voir plus loin et sortir des sentiers rebattus.
L’Opération Starkey présente deux composantes, l’une aérienne, qui nous importe le plus, l’autre navale qui ne sera que brièvement évoquée. 

 

L’assemblage d’images provient du Géoportail de l’IGN, mission C2104** d’août 1946, au centre la place de l’Eglise, la Grand’ Place ; si les rues sont dégagées des gravats consécutifs aux bombardements, l’ampleur des dégâts du bâti est indicible pour la localité, la plage et le port échancré sont à gauche (© GEOPORTAIL, montage RD).

Préparer le débarquement.
Le début de l’année 1943 voit le Reich nazi cumuler de sévères difficultés. Le 2 février, la Bataille de Stalingrad s’achève par une défaite qui est considérée comme le tournant de la guerre. Trois mois après le débarquement américain en Afrique du Nord, les armées américano-anglaises, rejointes par les forces françaises du Général de Gaulle, se tournent vers la Sicile qui tombe en juillet. L’Afrika Korps du General Erwin Rommel est vaincue. Le Maréchal Jozef Staline, chef des armées soviétiques, trépigne dans l’attente de l’ouverture d’un second front occidental, en France. Les Alliés en sont alors incapables pour des raisons de capacité maritime et doivent également tenir compte du soulagement de leurs troupes en Méditerranée, à savoir, interdire que des divisions du Führer installées dans le nord du continent n’arrivent en renfort au sud de celui-ci. Pour les fixer en bord de Manche, France et Belgique en Mer du Nord, Hollande et Norvège, les états-majors imaginent un plan afin de persuader les quartiers-généraux nazis qu’une attaque, un débarquement, s’y prépare dans le dernier trimestre de l’année.

Les prémisses.
Le General Frederick Edgeworth Morgan devient en mars 1943 chef d’état-major du COSSAC, afin de préparer le planning exécutif d’un débarquement en Europe du nord-ouest ; en avril il reçoit l’ordre de mettre au point un système de camouflage et de désinformation de l’ennemi. 

A Rheims en 1945, le Général F. E. Morgan 2e à gauche avec les Gén. Susloparov, Lt-Gen. Bedell Smith, Cpt. Butcher, Gen. Eisenhower, AM Tedder (PubDom Wikipedia).

Pour rappel, le General Dwight David Eisenhower ne prend ses fonctions de chef suprême qu’en décembre 1943. Le camouflage est dans les mains de Morgan tandis que la tromperie et sa stratégie revient à un département ministériel de Whitehall établit en 1941 qui s’appelle la London Controlling Section, le bureau de contrôle de Londres, dirigée par le Colonel John Henry ‘Johnny’ Bevan, très grand fumeur de Players. Un département spécial nommé Ops (B), avec un ‘b’ comme Bevan, est intégré à la division opérationnelle ‘G-3’ américaine évitant ainsi des complications ‘interarmées’. L’invasion par la Manche étant déjà postposée à mai 1944 ‘au plus tard’, le travail consiste pour l’instant au camouflage et à l’intoxication. Cette mission est codée ‘Operation Cockade’, cocarde, dont le but est pour l’instant double : maintenir les divisions de la Wehrmacht au nord en simulant des tentatives d’intrusion sur le Mur de l’Atlantique… et attirer la Luftwaffe d’Hermann Göring dans une bataille aérienne, dans l’espoir de lui infliger des pertes catastrophiques. 

Trois opérations parallèles.
Cockade se subdivise en trois plans : les opérations Tindall, Wadham et Starkey.
L’opération Tindall consiste à convaincre les Allemands que les Britanniques et les Américains vont envahir la Norvège à partir des troupes basées en Ecosse et ravir la ville portuaire de Stavanger et son important aérodrome, situés au sud-ouest du pays, belle tête de pont pour attaquer ensuite le Danemark, porte vers le Reich ; une idée chère à Churchill mais qui sera écartée par son entourage, plus sage ou réaliste. Cinq divisions Alliées sont disponibles ainsi que les navires ; la couverture aérienne quant à elle s’avère plus complexe car les planeurs manquent. Malgré cette faiblesse, l’artifice réussit. Douze divisions germaniques resteront figées jusqu’à la fin de la guerre au pays d’Edvard Grieg. 

L’opération Wadham se la joue plus fine et costaude : convaincre la Wehrmacht que l’US Army va envahir la région de Brest en Bretagne. La mystification s’appuie sur l’envoi d’un groupe naval directement des Etats-Unis rejoint par un autre provenant d’Angleterre. Une force de dix divisions en deux Task Force comprenant des unités tels la 3rd Armored Division, 101st Airborne Division ou la 2nd Infantery Division… avec leurs quartiers-généraux de Corps d’armée. Le programme de l’opération précise encore que les Américains lanceront l’attaque amphibie après que la prise du port de Boulogne-sur-Mer soit effective ! La supercherie pour l’intervention aérienne d’attaque et de couverture se révèle assez mince et l’US Navy ne peut offrir que (!) 75 fausses barges de débarquement pour conforter l’illusion. Pire, l’aviation tactique est trop éloignée de ses bases anglaises… Une feinte que n’avalera pas le Generalfeldmarschall Gerd von Rundstedt. Wadham s’avère un échec complet et on sait que ces grands ports de la façade atlantique résisteront jusqu’à la dernière cartouche du dernier jour.

Les opérations Tindall et Wadham sont, répétons-le, des stratagèmes d’intoxication, aucune troupe réelle n’est impliquée, des duperies de l’ennemi qui s’enfoncent jusqu’aux autorités du Reich par des activités Alliées de contre-espionnage utilisant toutes les ficelles possibles et imaginables dont certaines d’entre-elles ne sont toujours pas ‘déclassifiées’ à l’heure actuelle. Ne chuchote-t-on pas que ‘Johnny’ Bevan ne connaissait pas le mot ‘fair-play’ ?
L’opération Starkey est d’un autre tonneau. Sans doute de par sa proximité géographique avec la Grande-Bretagne. A cause de l’intensification de la construction du Mur de l’Atlantique, depuis la Norvège jusqu’aux Pyrénées atlantiques mais surtout dans le Nord-Pas de Calais. La Luftwaffe est également fortement implantée dans un rayon de 250 km, l’Ops (B) aurait pu choisir Dunkerque ou Calais, c’est la zone de Boulogne-sur-Mer qui est retenue, Wissant, Calais et Dunkerque sans doute trop bien fortifiées. Se trouve là un port important pour l’envahisseur entouré de positions casematées comportant des canons de puissance forte ou moyenne et des canons sur voie ferrée de gros calibre. 
Le simulacre prend des proportions surprenantes : une force d’invasion amphibie anglo-canadienne accompagnée de navires de combat et soutenue par une campagne de bombardements s’étalant sur près d’un mois. L’US Air Force envisage des sorties de l’ordre de 2.300 bombardiers moyens, 3.700 chasseurs en ‘CAP’, combat air patrol, et 400 bombardiers moyens. La Royal Air Force contribuant avec 3.000 bombardiers lourds, tandis que la Royal Navy prévoit l’envoi de 30 navires face à la Côte d’Opale. Cet énorme développement de forces dans le but que l’état-major de Rundstedt soit convaincu d’un débarquement dans le Pas-de-Calais et, ça ne mange pas de pain, que la Luftwaffe tombe dans un piège et encaisse franco une défaite sévère due à la supériorité aérienne Alliée qui s’impose de jour en jour.

Le document de 31 pages plus couvertures sans doute iconique du bombardement du Portel ; celui-ci m’a été fourni, dans son jus mais impeccable, par Richard Madani de Boulogne-sur-Mer dont l’échoppe de reliure était un sacré rendez-vous (DR). 

Le lecteur doit se souvenir, à la lecture de ce qui précède, que tout ceci n’est qu’un jeu d’intoxication poussé aux limites du réalisme. Celui-ci doit percoler par divers moyens dans les dossiers des services de renseignement nazis. Pour ce faire, le jeu – qu’il soit double ou triple – doit impérativement faire travailler tous les services concernés comme s’il s’agissait d’une opération absolument réelle. Telle est la règle du ‘jeu’ aussi cynique soit-il ! Son efficacité finale en dépend… Les Britanniques ont une certaine expérience en la matière depuis que Winston Churchill a décrété, en juillet 1940, de mettre l’Europe ‘à feu et à sang’, d’où la création d’une entité militaire basée sur l’expérience de la guerre des Boers (1880-81 & 1899-1902, prononcer ‘bour’) nommée ‘SOE’, Special Operation Executive’. 
Ainsi, étudiant le projet qui lui semble authentique, le Major General Ira C. Eaker, alors le patron de la US 8th Air Force basée en Grande-Bretagne, réplique in petto que cela met en péril la poursuite des bombardements stratégiques sur le Reich. Il en informe d’ailleurs le Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force, le SHAEF, stipulant qu’il fera de son mieux en offrant la contribution d’escadrilles à l’entraînement, quelques trois cent bombardiers, les effectifs se réduisent. Au sein de la 8e Flotte, sa division Air Support rechigne également ; les planificateurs de Starkey sont-ils vraiment à même de définir correctement les objectifs sur la France occupée ? Trop de missions de bombardement sont en fait, sans coordination, des doublons d’objectifs. La Royal Navy grimace aussi ; les planificateurs de Starkey veulent deux navires de bataille pour la pseudo-force d’invasion afin de servir d’appât à la Luftwaffe mais, bien entendu, elle ne veut pas risquer ses croiseurs dans une telle opération. En conséquence, les planificateurs de Starkey sont obligés de réadapter le concept du plan d’intoxication. Le projet de duperie Starkey est une chose, sa mise en place réelle une autre. Il aura des conséquences funestes.

Les positions casematées allemandes du Boulonnais.
Au fur et à mesure du développement de l’Opération Starkey, l’ampleur géographique du faux débarquement se rétrécit, la logistique ne suivant pas les intentions des planificateurs. La zone finalement arrêtée s’étend de la Pointe aux Oies, au nord de Wimereux, au Touquet, soit une bande de terrain d’environ 40 km de long sur 6 km de profondeur ; la durée des attaques – réelles cette fois - s’étale quant à elle pendant environ un mois. Elle comprend les principales positions casematées suivantes, avec entre parenthèses les noms de codes allemands suivis de ceux décidés dans le cadre de l’Opération Starkey, nous nous en tenons uniquement à la région boulonnaise.

Image satellitaire moderne présentant les objectifs importants de l’Opération Starkey, surlignés en jaune, dans la région de Boulogne-sur-Mer (Google Earth/RD).

La Pointe aux Oies, canons de 28 cm sur voie ferrée (Stp 227 Golfhotel, Millstone) ; le Fort de la Crèche à Wimereux (Stp 221Arnika, Pumicestone), la M.K.B. Friedrich-August à la Trésorerie/Wimille (F-A, Pomeranian) ; le Fort de Couppes (Stp 232 Seerose, Religion) ; le Cap d’Alprech (Stp 258 Pantoffelblume, Andante) ; les plages d’Hardelot (Menagerie).
D’autres positions défensives bétonnées s’égrènent entre celles précitées, pour la zone de la ‘Forteresse de Boulogne-sur-Mer’ seule sont comptés cinquante-six points d’appui (Stp, Stütspunkt) ou nids de résistance (Wn, Wiederstandnest), tous entrelacés de positions secondaires, de bunkers de commandement ou de protection de troupes accompagnés d’autres positions de Flak sans oublier les installations bunkérisées de la Kriegsmarine. Pour les planificateurs de l’Opération Starkey le choix d’objectifs proposé est déjà conséquent. Ceux-ci étant pilonnés systématiquement, sans véritable réaction teutonne que celle de la riposte normale, le temps passe et septembre arrive : le sud du port sera la prochaine cible !
Cerner l’intérêt tactique autour du Portel revient à faire l’inventaire entre le Fort de Couppes et le Cap d’Alprech. Ces cartes G.S.G.S. tirées du livre de Michael Cumming, annotées par l’auteur, révèlent les ‘aiming points’, AP ou points de ciblage, et les ‘targets’, objectifs, de bombardement. Il est plus qu'évident que certains d’entre eux cernent de près Le Portel…

Page tirée de la brochure « Le Portel » illustrant parfaitement les dégâts de la cité balnéaire en septembre 1943 (DR).

Les objectifs de bombardement dans la région du Portel définis par l’Ops(B) sont les suivants ici accompagnés des codes de position allemands correspondant : 659529 Target 38, Stp 230 Schneeglockchen ; 657528 Aiming Point, Stp 230 Schneeglockchen ; 653525 Targets 37 et 46, Fort de Couppes Stp 232 Seerose ; 660515 Targets 35 et 45, Mont Soleil Stp 256 Wegerich ; 650512 Target 34 et Aiming Point, Fort d’Alprech, Stp 258 Pantoffelblume et Stp 259 Pechnelke ; enfin 665507 Target 43, Stp 260 Veilchen. Le lecteur peu habitué à la lecture des cartes ‘de guerre’ s’étonnera de la débauche de sigles et de chiffres codés, quoi de plus normal, il est invité à parcourir la note explicative en fin de chronique pour y voir plus clair et, éventuellement, s’exercer lui-même.
L’identification des objectifs est globalement bonne pour le Fort de Couppes, le Mont Soleil et le Fort d’Alprech (ou Alprek pour les puristes). Les positions du Mur de l’Atlantique immédiatement au nord du Fort de Couppes posent question d’autant plus que l’une comporte un Aiming Point, or, l’actuel Parc de loisirs de la Falaise ne comportait que des bunkers de Flak somme toute légère et un radar de type Würzburg. Aujourd’hui, des sites impliqués ne subsistent pour la visite que les forts de Couppes, non valorisé, et d’Alprech très bien réhabilité. La très importante position anti-aérienne du Mont Soleil a été détruite et ensevelie sous des tonnes de terre. De nombreux bunkers parsèment les falaises de part et d’autre du Portel dont certains ont dévalé les pentes vers l’estran. 

Le chat et la souris.
Interlude, le petit train passe en rond. De quelle manière sont dirigés à distance et de nuit les avions sur leurs objectifs ? Le principe des stations ‘Oboe’, hautbois, est une découverte d’Alec Harley Reeves qui travaille au TER, le Telecommunication Research Establishment situé à Malvern en Grande-Bretagne. Il y travaille avec Sir Robert Watson-Watt et Reginald Victor Jones sur le radar. Tout d’abord apparaît la version Oboe I assez peu performant, ensuite l’Oboe II. Celui-ci utilise deux stations au sol distantes l’une de l’autre, elles émettent un signal à un bimoteur de Havilland Mosquito marqueur de cible, le transpondeur embarqué renvoie le signal vers les stations. La mesure du temps de l’aller-retour du signal permet de déterminer la distance du Mosquito vis-à-vis des deux stations. Ces dernières définissent chacune par radio-télémétrie un cercle fictif dont les cercles respectifs s’entrecroisent : l’intersection précise la cible de bombardement et le lâcher des ‘torpilles’. 

Croquis très schématique présentant l’utilisation d’Oboe II ; on y voit les deux stations émettrices Cat, basée dans le Norfolk, et Mouse dans le Kent ; à gauche celle fonctionnant en ‘transpondeur’, à droite celle ‘calibrant’ l’intersection des deux trajectoires courbes et le lâcher du Target Indicator, l’erreur ‘opérationnelle’ est de moins de 200 m ; au centre une station ‘radar’ permettant une éventuelle supervision ; une console, d’aspect très moderne, d’Oboe maniée par des WAAFs (RD, photo d’origine inconnue DR). 

Le principe est relativement simple, les deux stations émettent une série d’impulsions similaires au code Morse, un trait ou un point. Le Mosquito suit la circonférence d’un des cercles, il est codé ‘Cat’, chat, quand il arrive sur l’intersection de l’autre cercle, nommé ‘Mouse’, souris, le largage des projectiles de marquage sont lancés grâce à un viseur ‘à distance’ dont dispose la station Oboe, appelé ‘Micestro’. La mission du Mosquito éclaireur est donc de suivre la circonférence d’un cercle, de ‘coller’ à celui-ci et d’attendre les ‘ordres sonores’. A proximité de l’objectif, Cat émet une série continue de ‘bip’ sonores qui se transforme en ‘traits’ puis en une succession de ‘bip’ rapprochés dans le casque radio du navigateur. Mouse confirme l’objectif lorsque son faisceau intersecte celui de Cat. Le pilote et le navigateur du Mosquito doivent être excellents et avoir des nerfs d’acier, les cercles fictifs émis par Oboe ont une ‘épaisseur’ de quelques dizaines de mètres, ou moins. Le système est moderne pour l’époque mais loin des possibilités actuelles en matière de frappe dite chirurgicale. Il est bien compris qu’ici il ne s’agit que de l’intervention des Mosquito marqueurs de cible ; les bombardiers doivent suivre et interpréter justement les marquages au sol réalisés, pour faire simple, à l’aide de bombes pyrotechniques dégageant une couleur vive. Et se délester alors de leur cargaison de destruction à l’aide de leur propre machinerie de visée embarquée… 

Murder – or accidental death ?
Tel est le titre du chapitre final de Michael Cumming. Faut-il le traduire ? Meurtre ou mort accidentelle ? Eddy Florentin aurait apprécié mais son livre date. Selon son état d’esprit, sa sensibilité et bien d’autres réactions épidermiques ou psychologiques ce titre s’annonce implacable. L’essentiel est de savoir si un complot cachant le bombardement du Portel existe et se voit répéter de génération en génération. Il est évident que les photos aériennes effectuées par la Photo Reconnaissance Unit de la R.A.F. ont dû susciter de fortes migraines à ses interprétateurs : Le Portel était devenu une ville martyre !
Si la brochure « Nos villes dans la tourmente, Le Portel 8 – 9 septembre 1943 » s’avère un véritable document historique avec ses nombreuses illustrations, son contenu rédactionnel, aussi intéressant soit-il, passe par la censure nazie vu sa parution en mars 1944. Y est donc distillé le doute : ‘trois rapides bombardements inexpliqués’, ‘… dont l’utilité militaire n’apparaît pas encore…’ qui remporteront un succès durable étonnant.

 

Toujours provenant de la brochure « Le Portel » une page, hélas, reprend le facsimilé d’un journal (Le Télégramme ?) affichant la nécrologie des victimes de ces deux journées fatales (DR). 

Après la libération, après la guerre, les raisons de la destruction du Portel, de ses 500 morts et 1.200 blessés demeurent sans réponse. Elles le resteront pendant quarante ans ! En 1983, un échange de courrier entre le professeur Reginald Victor Jones qui était le conseiller scientifique personnel de Sir Winston Churchill, et Guy Bataille ainsi que l’ouverture des archives Alliées permettent un nouvel mais timide éclairage : le professeur Jones rejette tout soupçon d’intention de détruire sciemment la cité balnéaire. En juillet 1992, Lucien Vasseur, spécialiste du Mur de l’Atlantique dans le Boulonnais, confirme à Michael Cumming que les canons disposés dans les forts de Couppes et d’Alprech, validés par les équipes de planification de l’Opération Starkey, n’avaient pas l’importance escomptées et, de fait, ne méritaient même pas de bombardement. Le samedi 6 juillet 1996, Michael Cumming rencontre Guy Bataille à son domicile de la rue Carnot à Wimereux et lui présente les conclusions de ses recherches. Quelques temps plus tard, Guy, qui avait aussi reçu l’auteur américain Larry Collins quand il préparait son roman ‘Fortitude’ en 1993, nous demeurons dans les eaux glacées des services secrets, me conseille de contacter le Britannique et je m’exécute, mais il y avait aussi le projet de sauvegarde du Fort de la Crèche qui prenait de l’ampleur… Il est bon de rappeler que le récit de l’attaque par Guy Bataille dans son « Sous la botte allemande », le deuxième tome de sa série, est particulièrement émouvant et, pour l’époque soit 1973, bien documenté.

 

La légende de la carte à gauche annotée par Michael Cumming précise ceci : « Une section de la carte du War Office G.S.G.S. 4040 feuille 49, chaque carré est de 1000 x 1000 m, sont superposés (par l’auteur) deux points de ciblage pour Religion et Andante et les ‘grids references’ pour six objectifs à cinq emplacements entre les deux sites ». La carte de droite précise les zones d’éparpillements des bombes au nord et au sud du Portel et leur chevauchement sur la localité (Michael Cumming, cartes reproduites avec la permission du Directeur du Military Survey/Sutton).

Une tectonique d’erreurs.
Tentons de résumer ces conclusions, tout en informant le lecteur que le chapitre final de Michael Cumming – jamais traduit in extenso ni son ouvrage ! - affiche 18 pages en petits caractères accompagnées de 41 sources et 4 notes de bas de pages. Plusieurs aspects se chevauchent : la planification de Starkey, le choix des objectifs portelois, le guidage vers les objectifs, les bombardements diurnes et nocturnes, le silence relatif des autorités de commandement Allié. La planification de l’opération prend des mois et est très fouillée afin de coordonner les mouvements aériens et navals, toutefois une confusion stratégique plombe la clarté réelle des intentions : la simulation d’un débarquement dans la région boulonnaise et la velléité d’imposer par la même occasion des pertes sévères à la Luftwaffe tout en fixant sur le sol français des divisions allemandes qui seraient plus utiles sur l’Ostfront, celui de la Russie soviétique. La carotte consistant à devoir détruire les bunkers de tir marin afin de protéger une flotte d’invasion s’avère disproportionnée quant à la qualité des sites utilisés par la Kriegsmarine ou autres unités allemandes dans la défense de la Côte d’Opale. Pour les planificateurs et leurs connaissances de l’époque, le choix des objectifs autour du Portel est évident : les forts de Couppes et d’Alprech, suivis en second choix du Mont Soleil, base de Flak, les autres sont plus de la saturation que de l’entendement. 

 

Les zones de bombardement au nord du Portel, l’ogive du Target Indicator correspond au point géographique de la référence Grid décidée par les planificateurs, en jaune, au mieux qu’il soit possible avec l’outil Google, la position la plus proche de la position allemande incriminée (Google Earth/RD). 

Le guidage des flottes de bombardement relève d’une méthode appliquée depuis nombre de fois : de jour, les Pathfinders, l’unité d’éclairage de la R.A.F., utilisent le viseur optique équipant leurs de Havilland Mosquito après avoir durement étudié les cartes et les photographies aériennes, puis ‘marquent’ les cibles. Ce sont des pilotes et des navigateurs expérimentés ; le 3 septembre, la frappe est insignifiante ainsi que le 8 dans la journée mais il y a déjà des impacts sévères sur la ville. De nuit, c’est la double attaque, Phase One et Two, du 8 au 9, les Pathfinders sont divisés en deux équipes, l’une, de pointe, sur Mosquito, l’autre sur bombardier Halifax en ‘back-up’ et qui suit. Sur Couppes, les Mosquito larguent des bombes pyrotechnique de couleur rouge, les impacts seront confirmés par d’autre Target Indicators de couleur identique lâchées par les Halifax, sur Alprech elles sont vertes. Les escadres de bombardiers règlent leur tir sur ces ‘TI’. L’éclairage d’objectifs se voit contrôler par le système Oboe, le summum en ces temps. Or, la position géographique du Portel par rapport aux deux émetteurs Oboe affecte négativement la précision des largages des ‘TI’, si bien qu’il est décidé, afin de soulager Oboe, d’avoir recours à un ancien système de radio-télémétrie moins performant, codé Baillie, pour Alprech. A ces inconvénients s’ajoutent deux autres tournures fatales : la proximité des forts vis-à-vis du Portel et ‘l’erreur moyenne’ du lancement des Target Indicators ; les illustrations aident à comprendre. Si l’erreur se voit minimale, les forts sont dûment ‘indiqués’, si elle est maximale… et c’est le cas, la zone de couverture de bombardement va largement empiéter sur la cité balnéaire, de part et d’autre, au nord comme au sud. D’autant plus que les erreurs sont confirmées par les Halifax Pathfinders qui suivent… confirment les premières, avec autant d’imprécision. Le sort du Portel est scellé par une succession d’erreurs. Ces dernières ne seront pas étouffées, simplement non mises en exergue, sorte de terminologie de style politique ; des enquêtes ont lieu, elles se trouvent dans les archives. La situation d’après-guerre se montre plus équivoque, surtout aux yeux des Français. Les documents de l’opération Starkey demeurent classifiés pendant un certain temps, comme une masse incroyable d’autres, globalement il faut patienter jusqu’à la dernière décennie du XXe siècle pour y accéder. Techniquement parlant il y a vingt-cinq ans que le travail d’introspection pouvait être entrepris.

 

Les zones au sud du Portel avec les mêmes renseignements que l’illustration précédente ; il est évident qu’il y a des différences d’impact qui se cumuleront (Google Earth/RD). 

D’aucuns parleront de ‘fait de guerre’, on en connaît la liste. D’autres parleront de meurtre délibéré d’une cité. Autant d’inexactitudes acceptables après la Seconde Guerre mondiale mais qui perdurent pendant une quarantaine d’années mais difficiles à comprendre dans les années quatre-vingt-dix avec l’accès libre aux archives du Public Record Office situé à l’université de Kew, au sud-ouest de Londres, aujourd’hui renommé The National Archives. Michael Cumming y a retrouvé, par exemple, un dossier codé CAB 154/100 (Cabinet Papers) de la London Controlling Section qui pose la question si l’idée de provoquer la Luftwaffe dans un ‘Armageddon des airs’ ne devait pas être réduite de valeur dans l’opération de mystification. 
Les Messerschmitt d’Hermann Göring ne se sont quasiment pas montrés : les Allemands n’ont jamais avalé la tromperie. La composante navale du projet n’a pas plus récolté les fruits de l’entreprise, quelques coups de canons inefficaces provenant des batteries côtières de la Kriegsmarine sur des navires cabotant bien loin du fort de l’Heurt échoué face au Portel. Par contre, quelques unités mobiles de l’armée allemande sont dépêchées dans le Boulonnais et le doute s’immisce dans les quartiers-généraux nazis qui conservent ses divisions en France au lieu de les dégager vers la Russie. Le ‘jeu’ sera encore conforté la veille du débarquement de Normandie, c’est l’opération Glimmer dont Opale-Histoire a relaté l’histoire. Enfin, Starkey et sa tectonique d’erreurs sert de leçon pour le Jour-J, aube de la Libération, où les convois ne sont pas aperçus sinon au petit jour par un soldat apportant la popote du matin : voir ou revoir le Jour Le Plus Long. Mais à quel prix pour Le Portel ! 

La légende.
Cette chronique somme toute limitée de par son cadre Internet n’est qu’une tentative d’éclaircissement, sorte de résumé d’une thèse particulièrement fouillée. Le livre de Michael Cumming comporte plus d’une centaine de sources concernant les codes de dossiers officiels aux archives britanniques (préfixes CAB, WO, AIR…), dont certaines traitent du Fort de la Crèche, site qui m’a toujours intéressé. Il est aisé de les compulser, de les lire : soit vous visitez la charmante ville universitaire de Kew, soit vous faites appel à un ‘independent researcher’, un chercheur indépendant affilié, qui vous transmettra à un ‘fee’, une rétribution, très acceptable la photocopie des documents. Oh, yes, by the way, à vous de polir votre connaissance de la langue de l’inspecteur Tom Barnaby. Croisons les doigts qu’un jour les media ne reproduisent plus l’antienne : « Puis (sic) il y eut Le Portel en septembre 43 sans que l’on sache précisément pourquoi. Soixante-dix ans après, on a bien des bribes d’explication, sans plus. Qu’est-ce qui peut expliquer qu’une ville et ses civils aient été entièrement détruits alors qu’aucun objectif militaire (ne) méritait un tel acharnement ?». Ce serait, enfin, rendre réellement hommage aux Portelois en les informant qu’il existe une thèse autrement plus solidement charpentée. Mais dans notre monde digitalisé d’information de masse, soit disant instantanée, qu’il soit de papier ou de puces, il est souvent plus simple de se camoufler intellectuellement derrière cette citation issue du film « L’homme qui tua Liberty Valance » de John Ford en 1962 : Quand la légende dépasse la réalité, alors on publie la légende ! En effet, don’t trust coincidence, dixit le DCI ("Detective Chief Inspector") Barnaby. 

Robert Dehon.

 
Un compagnon nous a quittés !

Photographe attitré et célèbre de Wimereux, le seul magasin dédié à cet art, situé rue Carnot près de l’église, a fermé le diaphragme de l’objectif de son cher Leica à 81 ans. Combien de mariages n’a-t-il pas immortalisé sur la promenade de mer, soleil ou brume faisant fonction ?
Dès le début, il fut de la partie de l’aventure de la préservation du Fort de la Crèche, présent à nos réunions au Centre administratif de la ville ou à l’ancienne mairie quand il fallait convaincre les édiles. S’il n’était pas toujours à prendre la parole, Jean Célie et son épouse Vonette étaient d’une redoutable efficacité pour propager nos intentions auprès de la population de la station balnéaire, une certaine habilité, dirions-nous. Car Wimereux, il l’aimait d’une tendre affection étant d’origine belge, n’est-il pas le premier, en ces jours modernes, à avoir publié une plaquette, « Villas de Wimereux, guide de visite » dans les années 90, sous l’égide de la ville ? Copiée à jamais par les rigolos des forums FaceBook ?



Entre Guy Bataille, Anne-Marie Klein et Eric Vanneufville, Jean Célie tient bon le dossier du Fort (R. Dehon) ; clin d’œil du photographe pris à son propre piège optique (La Voix du Nord).

De même, Jean ouvrait ses archives sans en demander plus, nombre de ses clichés furent utilisés lors de mes conférences des Mercredis de l’Atlantic, avec ses ‘avant-après’ ; un plaisir de collaborer avec lui car d’une simplicité hors norme. Il n’en demandait pas plus, tout en rigolant sous sa moustache et… sa chemise hawaiienne, sorte d’uniforme incongru désignant l’artiste qu’il était, profondément. Les derniers temps, je le croisais sur cette promenade du front de mer de la station, il entamait sa… promenade journalière, moi sortant du petit déjeuner, lui humant l’air comme de rien était. Son style nonchalant, sourire en coin, l’œil qui cadre un éventuel cliché prometteur, histoire de se raconter quelques histoires : comment ça tourne au Fort ? Avec un photographe, un vrai de vrai, vous ne savez jamais comment ça tourne. C’est ça qui est drôlement chouette.

Farewell Jean. 

 

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A PROPOS...

Cartographie G.S.G.S. et sa ‘traduction’.
Les informations issues des recherches de Michael Cumming aux Archives britanniques sur les cartes concernant les objectifs de bombardement sont basées sur celles dites G.S.G.S. signifiant ‘Geographical Section of the General Staff’ soit section géographique de l’état-major. Produites par les Alliés mais aussi à des dizaines de millier d’exemplaires par Michelin elles sont réalisées sous forme d’un système cartographique qui est appelé « Britannique Modifié », dont la première mouture fut introduite pendant la Grande Guerre pour l’ensemble des théâtres de combat. L’utilisation de carrés imprimés sur carte et identifiés par une lettre majuscule le fait également nommer « Grid Reference », référencement par grilles. Pour simplifier nous dirons dorénavant « Grid ». Il peut sembler compliqué mais il est très efficace. 
Pour en faire sa connaissance, le lecteur trouve ce lien en langue française l’expliquant et, même, lui permettant de faire ses propres recherches, réalisé par Thierry Arsicaud qui mérite un sérieux coup de chapeau. Vous pouvez ‘traduire’ les coordonnées ‘Grid’ en notations GPS et les transférer sur un logiciel de cartographie satellitaire tel Bing Maps ou Google Earth/Maps.
A titre d’exemple, l’objectif de bombardement du Fort de Couppes, selon les archives, s’écrit en langage ‘Grid’ 653525 qui doit être précédé du code ‘vG’ soit en notation GPS 50.71183,1.57225.
REMERCIEMENTS

Dommage de n’avoir pu rediscuter, lors de la frappe de la chronique, de cette épouvantable histoire avec Michael Cumming, le temps passe… Merci Mike pour le beau boulot. Merci aussi à Guy de m’avoir conté, autour d’un vieux Scotch (‘c’est bon pour les artères’ disait-il et je l’approuve), l’histoire curieuse du Portel. Ma gratitude également aux éditions Sutton Publishing Limited dont le catalogue fait sans doute envie, pour l’emprunt des cartes de Mike. 

SOURCES

«The Starkey sacrifice», Michael Cumming, Alan Sutton, 1996 ; hélas jamais traduit. 
«Le Portel 8-9 septembre 1943», Albert CH… et al, Nos villes dans la tourmente, mars 1944.
«Le Boulonnais dans la tourmente» (4 vol.), Guy Bataille, Momom, 1972.
«Quand les Alliés bombardaient la France 1940-1945», Eddy Florentin, Perrin, 1998.
«The deceivers, Allied military deception in the Second World War», Thaddeus Holt, Phoenix, 2005.
«The RAF Pathfinders», Martyn Chorlton, Countryside Books, 2014.
«Instruments of darkness», Alfred Price, Granada, 1979.
«Forteresse Boulogne-sur-Mer 1939-1944», Alain Chazette et al, Editions Histoire et Fortifications, 2007 ; sans conteste le meilleur livre concernant les positions allemandes dans la région.
Courriers personnels Cumming/Dehon.

NOTES

Task Force : formation temporaire regroupant des unités œuvrant sur une activité définie.
L’auteur de cette chronique fut en contact avec Michael Cumming il y a une quinzaine d’années, ce dernier avait aussi rencontré Guy Bataille, historien du Boulonnais, lors de la préparation de son ouvrage qui comprend l’étude, entre autres, de plusieurs centaines de dossiers du Public Record Office britannique (préfixes WO-War Office et AIR). J’ai tenté de me rappeler à son bon souvenir lors de la rédaction de cette chronique, hélas, sans y parvenir.
COSSAC : Chief of Staff to Supreme Allied Commander, chef d’état-major du commandement suprême des forces alliées.
Les WAAFs ainsi qu’on les nomme font partie de la Women's Auxiliary Air Force, force féminine auxiliaire de la Royal Air Force fondée en juin 1931 ; elle comptait environ 180.000 membres en 1943. Certaines de ces ladies étaient formées pour des postes pointus correspondant à l’actuel radariste, ici sur console de contrôle Oboe.
GéoPortail, subdivision du site de l’IGN France, est un excellent outil et mérite des félicitations, les copies de vues sont en conformité avec le règlement.
 

 

 

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