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Chroniques Historiques / Lange Max tire sur Dunkerque & Plage rase à Wissant.
La détection sonore: l’oreille en coin.

The incredible « Patrouille de Douvres ».

Lange Max tire sur Dunkerque.
A l’aube du XXème siècle, les gros canons tiraient à 15.000 mètres, les militaires s’en satisfaisaient. Sauf les marins. Surtout ceux de la Royal Navy et de son amiral de la flotte John Arbuthnot ‘Jackie’ Fisher. Alors qu’il était 1er Lord de la mer, il lança le projet d’un cuirassé d’un déplacement de plus de 18.000 tonnes propulsé par turbines à vapeur, une véritable percée technologique pour l’époque. En 1906, le premier cuirassé de ce nouveau genre est le HMS Dreadnought qui donna ainsi son appellation à cette catégorie de navires. Ah, oui, c’est un néologisme victorien provenant des mots anglais dread et nought qui, associés, signifient qui ne craint rien. Mais le dreadnought présente une autre caractéristique innovante, c’est un bâtiment all-big-gun, c’est-à-dire que son armement est constitué de canons sous tourelles d’un seul calibre… énorme pour l’époque également. La génération initiale se voit équipée de dix fûts de 305 mm qui sont rapidement portés au calibre de 343 mm, 353 mm et 381 mm. La course aux armements était lancée. La Grande-Bretagne était forte au début du siècle quoique concurrencée par le Japon, les Etats-Unis et… l’Allemagne. Donc, avec le dreadnought la Royal Navy gardait une avance confortable sur les autres nations malgré les aléas budgétaires et la mise en obsolescence automatique des anciens navires. La vieille histoire du prestige et de la puissance diplomatique des nouvelles armes est loin d’être neuve. Si bien que toutes les nations maritimes, y compris l’Autriche-Hongrie, émirent des programmes de construction de dreadnoughts ; suivies par des pays de second rang comme l’empire ottoman ou les sud-américains qui achetèrent aux chantiers navals britanniques ou américains. Au grand dam des planificateurs financiers de ces nations. Par analogie, on peut comparer l’apparition du dreadnought à la ‘guerre des étoiles’ du président US Ronald Reagan. Savoir suivre, se maintenir, dépasser… posséder les moyens de construire, d’innover… bref d’être les meilleurs… nécessite un engagement industriel monstrueux. 

Pour patienter, jetez un coup d’œil, non, les deux yeux sur ces anaglyphes du canon surnommé Lange Max… à l’aide de lunettes bicolores pour percevoir l’effet de relief, le rouge pour l’œil gauche, le bleu pour l’autre. Vous les trouverez dans votre boîte à rebuts (R. Dehon).

Encore faut-il assurer un minimum de succès dans l’entreprise. Le premier dreadnought français fut le Courbet en septembre 1910.
En 1904, la signature entre la Grande-Bretagne et la France de l’Entente Cordiale entérine une situation géopolitique majeure : l’ennemi sera l’Allemagne. Cette dernière construisait en effet une puissante flotte de guerre décidée par le grand-amiral Alfred von Tirpitz, secrétaire d’Etat de la Marine, approuvée par l’empereur Wilhelm II. Ceci dit, la collaboration entre Guillaume II et Tirpitz échouera quant à l’utilisation stratégique de la flotte de haute mer allemande. La réplique allemande aux dreadnoughts anglais est la classe Nassau en 1907, suivie deux ans plus tard par la classe Helgoland du nom de l’île de Héligoland située dans l’est de la mer du Nord. Construit par l’arsenal de Howaldtswerke à Kiel le 24 décembre 1908 pour la Kaiserliche Marine, le SMS Helgoland est doté de tubes de 35 cm, dans la langue de Voltaire 350 mm.

 

A gauche, les 305 mm du HMS Dreadnought montrent leurs gueules, à droite, le SMS Baden s’apprête à lâcher une bordée de ses 38 cm (GG).

S’en suit une série de tractations politiques entre les deux amirautés et les gouvernements impliqués dans la course à l’armement qui soutient la comparaison avec celles disputées entre les grandes puissances atomiques des années 1970. Le Royaume-Uni conserve une courte avance en matière de dreadnoughts face au 2ème Reich jusqu’au moment où il promulgue la loi navale de 1912. Celle-ci revêt un tel renforcement de la marine de guerre allemande que la Grande-Bretagne se voit en difficulté pour la défense de ses intérêts, pour les assurer elle devrait effectuer un choix drastique : soit encore construire de nouveaux cuirassés, soit se retirer de la Méditerranée. Un drame cornélien qui ne peut être évité que par un accord avec la France qui s’occuperait de la Mare Nostrum, tandis que la Royal Navy garderait les côtes nord du pays. Une solution recevable dans le cadre de l’Entente et recommandée par le Premier Lord de l’Amirauté, Winston Churchill. Dès 1912, la Royal Navy organise son déploiement en ce sens en dépit du désaccord de certains parlementaires. En découle une situation stratégique simple : la fermeture des issues de la mer du Nord vers l’océan Atlantique. Situation qui se répètera lors de la Seconde Guerre mondiale. Et par conséquent l’isolation de la Hochseeflotte de la Kaiserliche Marine basée à Wilhemshaven, baie de Jade, dans la mer du Nord. Situation encore qui ne sera pas sans difficultés pour la Grand Fleet anglaise pendant la guerre qui s’annonce. La flotte de haute mer allemande sera commandée par une brochette d’amiraux dont les noms, pour les amateurs de combats navals, résonnent toujours : Friedrich von Ingenohl (1913-1915), Hugo von Pohl (1915-1916), Reinhard Scheer (1916-1918) et Franz von Hipper (1918). Ce qui n’empêche pas Winston Churchill d’approuver la mise sur cale de dix nouveaux super-dreadnoughts, les classes Queen Elizabeth et Revenge.

Cliché pris par un officier britannique lors de la Bataille du Jutland, on aperçoit les gerbes des projectiles manquant les cibles (Great War Primary Document Archive: Photos of the Great War - www.gwpda.org/photos). 

La Grande Guerre fait rage avec son cortège de victoires impériales, l’occupation d’une très grande partie de la Belgique, la pénétration en France. Le coup d’arrêt à la Marne grâce au sursaut du Maréchal Joseph Joffre du 6 au 12 septembre 1914 qui provoque la fameuse course à la mer et installe un front statique de tranchées, ponctué par des offensives et des contre-offensives sanglantes de plusieurs centaines de milliers de morts, de millions de blessés de part et d’autre des belligérants. Ces différents fronts s’alignant des plages de Nieuport aux montagnes suisses ne seront pas uniquement l’apanage du fantassin mais aussi des troupes d’artillerie. Qu’elles soient régimentaires, divisionnaires, peu importe, elles servent à assommer l’adversaire, l’enterrer si possible, l’anéantir au mieux. L’artillerie est une arme d’attaque, de destruction tactique. Des centaines de millions d’obus sont consommés ; s’ajoutent à cela les nouveautés issues de la maîtrise des industries chimiques, à savoir les gaz… l’aviation de chasse, de bombardement, d’observation si on demeure seulement sur le théâtre d’opération terrestre. Bref, le kaléidoscope infernal de toutes les solutions possibles pour écharper le soldat ennemi. Qui, de par la propagande, sera joyeuse et triomphale, bien entendu.
Mais cet engouement martial de première ligne, de front, ne suffit pas. Comme l’aviation n’en est qu’à ses balbutiements et peu efficace en matière de bombardement, l’artillerie pourrait développer ses efforts en portée. Quoi de mieux que de pouvoir tirer loin, très loin, afin d’atteindre les bases arrières, les concentrations d’intendance tellement importantes pour faire vivre les combattants du front. Et bien sûr, tiens, l’idée vient juste à l’esprit, on n’y avait pas pensé, on est bête, mais c’est certain !, démolir aussi le moral des civils : ça ne mange pas de pain… La mise en pratique a pris du temps, disons une année et demie car il fallait une occasion pour la déclencher, ou plutôt des circonstances matérielles propices à son apparition. Pendant cet intervalle, la Grande Guerre gagne son image douloureuse : le train-train des attaques de masse.
Tant chez l’Entente que dans le Reich, les canons des troupes de front sont de calibres normaux pour l’usage convenu. Il y a le célèbre soixante-quinze français, le gros mortier de 35 cm autrichien pour ne rappeler que ces deux exemples. D’autres calibres abondent dans chaque camp. Leurs portées sont trop faibles, leurs effets destructeurs également : il faut du plus lourd, du plus puissant.
Pourquoi alors ne pas se retourner vers le canon naval ? A priori voilà une solution sensée. Mais un tube lourd ne se fabrique pas dans les mêmes quantités qu’un affût léger. Voici un exemple très simpliste, uniquement pour fixer les idées, vraiment rien d’exhaustif. Si on construit quatre cuirassés équipés chacun de trois tourelles de deux canons et qu’on y ajoute quatre tubes de réserve car un canon ça s’use quand il tire, nous avons une fabrication de 28 exemplaires ; comptons deux ans pour les fournir. L’artillerie lourde de grande puissance est rare et chère, elle exige un effort de logistique très conséquent et une organisation sur le terrain quasi démentielle.
Ce qui nous ramène à nos dreadnoughts et à une bataille décisive qui aura une influence néfaste. 
Le dicton est formel : la meilleure défense est l’attaque. Depuis le début de la guerre, l’amiral Sir John Jellicoe aux commandes de la Grand Fleet de la Royal Navy tente d’appâter la Hochseeflotte de l’amiral Reinhard Scheer à la confrontation décisive en mer du Nord. Sans succès. Fin mai 1916, les Allemands sortent en masse leurs cuirassés et autres croiseurs de bataille, à peine arrivés à 200 km à l’ouest du Danemark et plus précisément du Jutland, ils sont interceptés par Jellicoe en embuscade. Deux cent cinquante navires vont se confronter pendant deux journées effrayantes. La première phase débute à 18h30 le 31 mai. Les Anglais cumulent les erreurs dans des conditions météorologiques mauvaises. Ils pensent pouvoir couper la retraite à Scheer, mais ce dernier parvient à tromper la Grand Fleet pendant la nuit. La Hochseeflotte réussit à regagner Wilhemshaven. 
L’engagement et la canonnade furent tels que les Britanniques perdent quatorze bâtiments dont le prestigieux HMS Invincible, les Allemands onze dont le SMS Lützow. Des milliers de marins périssent dans les eaux opaques de la mer du Nord. Ils crient victoire des deux côtés. Scheer sait qu’il a eu de la chance, Jellicoe se satisfait de la fuite teutonne. En fait, la victoire s’avère amère chez les Anglais, la défaite est patente pour les Allemands. La Royal Navy devra immobiliser des unités afin de monter la garde, la Kaiserliche Marine n’osera quasiment plus sortir de ses arsenaux mais se tournera vers la guerre sous-marine à outrance. Ses puissants canons de longue portée ne restent pas longtemps inertes, on va les démonter pour d’autres affectations. Sur le terrain cette fois.

Les ateliers de la Friedrich Krupp AG (aktiengesellschaft, société par action) à Essen au début du XXème siècle, montage en ligne de canons de gros calibres (Great War Primary Document Archive: Photos of the Great War - www.gwpda.org/photos).

Dès 1912, la réputée firme Krupp AG est chargée d’étudier un canon naval de 38 cm. L’année 1914 voit les premiers essais sur leur quadrilatère de tirs d’essai à Meppen, en Basse-Saxe près de la frontière hollandaise. La mission consiste à équiper quatre cuirassés mis sur quille, les Bayern, Baden, Sachsen et Würtemberg. Ce 38 cm tire un obus de 750 kg à 800 m/sec sur une distance de 20.250 m. Les tubes 1 et 2 sont achevés tandis que 18 autres sont en usinage ; au total 43 pièces sont prévues, 18 sont toujours en voie d’achèvement en novembre 1918. 
La guerre devait être courte à l’ouest, ainsi pensait le grand-quartier général de l’empire. L’avance des armées en Oise tout comme le recul constant des armées françaises offre l’idée à l’ennemi d’utiliser immédiatement les canons 1et 2 afin de conforter les troupes dans ce qui paraît inévitable : le siège de la position fortifiée de Paris. Les tubes sont alors placés sur un affût de circonstance étudié à Meppen nommé Anschiessgerütz, échafaudage ou tablier de tir. La contre-offensive victorieuse de la Marne empêche le positionnement de l’arme à Louvres et le canon 1 est dirigé vers le port d’Anvers dans le but de réduire ses forts. Arrivé à Malines, le port tombe, puis la ligne de front se stabilise : c’est la course à la mer du Nord et la guerre courte se prépare pour une guerre nettement plus longue.
Les deux canons 1 et 2 sont alors mis à la disposition de la 5ème armée du Kronprinz Guillaume de Prusse et prennent place devant Verdun qui a résisté avec valeur en septembre et octobre 1914. Le positionnement de ceux-ci s’effectue à la ferme Sorel et au bois de Muzeray… c’est une autre histoire.

Lieux cités pour Pommern : 1- Predikboom, 2- Leugenboom, 3- Dunkerque, 4- Malo-les-Bains, 5- Bergues, 6- Klein-Leysele, 7- La Panne (De Panne) ; la ligne grise indique la frontière, la jaune le front en 1917 (carte Ed. Mair).

Pendant ce temps, les ingénieurs de Krupp entament une série d’expérimentations non seulement originales mais aussi d’avant-garde au point de vue balistique. Profitant d’un tube prototype de 35,5 cm SKL/52,5 soit de 19 m 5 de long arrimé à un affût spécial, ils étudient et précisent les lois balistiques des projectiles transitant par la stratosphère dont la couche se situe entre 8,5 et 20 km d’altitude. Là où l’air est raréfié et offre moins de résistance à l’obus : la portée du tir s’en améliore grandement. Quant à faire pourquoi ne pas poursuivre les expériences avec de ‘vrais’ canons ? Ceux de calibre 38 cm C1913. Six sont rapidement détournés de leurs armements destinés aux cuirassés Bayern et Baden. 
Un problème voit le jour : l’affût. L’Anschiessgerütz nécessite une infrastructure en béton importante pour son installation qui limite l’élévation du canon à 24° si bien que l’assise est déjà inclinée positivement de 5° pour augmenter l’élévation du canon. Les six 38 cm sont dès lors pourvu d’un Bettunganschiessgerütz, plate-forme de tir, encore plus massive positionnée dans un large encuvement. Celle-ci autorise le tir sur 144° et sous un angle d’affût de 45°, ce qui donne une ampleur certaine au tir de l’arme puisqu’un obus de 750 kg atteint 34.200 m et, avec des obus à fausse ogive, 38.700 m. Le projectile à fausse ogive, pour faire très simple, est redessiné, allongé en un profil plus pointu, ‘fendant mieux l’air’, comme la Briselair de Fernand Renaud. 

De g. à dr., les Matrosen (les marins ou matelots) posent autour du chariot portant des gargousses de poudre ; un 38 cm sur le même type de trolley conservé au Musée Royal de l’Armée à Bruxelles ; et le projectile in situ (DR, RD, GG).

Des dix emplacements de feu sélectionnés par l’état-major allemand, huit sont construits en 1915 dont celui situé à la Kattestraat, rue du chat, à Predikboom. Les autres sites comme Saint-Hilaire-le-Petit échappent au contexte de cette chronique. En tout cas, s’ils offrent tous l’occasion d’écraser des centres d’intendance Alliés, ils opèrent également sur des villes peu enclines d’être attaquées par l’aviation de bombardement de l’époque. Quand bien même les forces du Kaizer ont toujours nié l’idée d’un quelconque terrorisme des populations urbaines, la tentation a été plus forte que les vœux pieux et Dunkerque, Béthune, Compiègne et d’autres ont eu à souffrir cruellement des dites fausses ogives. 
Les premiers tirs sur la zone de Verdun sont camouflés par des tirs synchronisés de mortiers de 42 cm et ne sont pas repérés. Le 26 avril 1915, la ville de Poperinghe, à l’ouest d’Ypres, devant Bergues, Cassel et Bailleul, est atteinte ; deux jours après Dunkerque encaisse. L’état-major français est stupéfait ainsi que le Général Ferdinand Foch qui ne peut croire à un tir d’artillerie et pense plutôt à des bombardements navals. Les unités d’observation confirment : la pièce doit se trouver près du village de Klerken en Belgique sur la route qui joignant Poelkapelle à Dixmude. A quelques centaines de mètres d’un cabaret nommé In de Predikboom, à l’arbre du prêcheur, qui donnera son nom à la position. 
La contre-batterie s’avère longue à organiser car les Français manquent d’artillerie suffisamment lourde. Des pièces de 140 et 160 mm fixes doivent être déplacées, des 240 mm sur affûts à échantignoles, soit des échafaudages faits de bois et d’acier sont disponibles. Dans l’intervalle, Bergues et Dunkerque sont touchés depuis une distance de 38 km mais la reconnaissance aérienne confirme la batterie. Les 240 mm français contrebattent depuis le village balnéaire de Coxyde situé à l’est de La Panne. Le 11 mai, le Lange Max arrête les tirs pour les reprendre un mois et demi plus tard, à nouveau les pièces françaises tonnent, le 38 cm se tait pour plusieurs semaines ; le 9 août elle reprend le tir pour une poignée d’heures, sous les coups des représailles elle cesse définitivement les tirs. La position du 38 cm de l’arbre du prêcheur est purement abandonnée par les Allemands ; ce qui offre une pause bien méritée de deux années à la région dunkerquoise. Il est bon d’ajouter ici que les relations des faits sont assez parcellaires, le 38 cm a-t-il été détruit, abandonné ou évacué ? Vraisemblablement la dernière solution semble la bonne, sinon le compte du ‘stock’ de canon de ce calibre devrait être réétudié.

La verticale aérienne de Predikboom révèle un paysage lunaire ; tout a disparu sauf l’encuvement devenu une piscine peu engageante ; à titre de comparaison, un des 38 cm de la batterie Deutschland près d’Ostende avec un support similaire mais sans masque blindé (CDV, Vlaamse Gewest, DR).

Les ingénieurs et les artilleurs de chez Krupp ne chôment pas, en 1916 de nouvelles plates-formes apparaissent pour le 38 cm, toujours nommées du doux nom de Bettunganschiessgerütz. Modulaires leur construction s’en trouve simplifiée et facilitée, ne nécessitant plus que des encuvements de moindre importance, euphémisme, il s’agit toujours des tubes pesant ‘nus’ 77 tonnes. Des essais concluants utilisent un tube de 35 cm appelé König Luitpold dont les caractéristiques sont quasiment celles d’un 38 cm. En 1917, Krupp affûte encore ses armes et met en service trois plates-formes Bettung, deux pour les Pariser Kanonen et la dernière pour un 38 cm qui est positionné à Chuignes à l’ouest de Péronne, en Picardie. Il crache sur Amiens pour finalement se voir capturé par les Australiens lors de l’offensive du 8 août 1918, le fameux ‘jour de deuil de l’armée allemande’, dixit Erich Ludendorff, le sombre Generalquartiermeister de l’état-major impérial. La même année, Krupp fabrique de nouvelles plates-formes de tir qui autorisent le tir à 55° et donc encore une plus grande portée. Deux d’entre-elles sont réservées aux Paris Kanonen, l’une à la batterie Deutschland et la dernière à une position consacrée aux tirs sur Dunkerque.
Dès la prise d’Anvers, l’armée de Guillaume II installe sur la côte belge longue de 68 km des positions de tir sur buts marins, d’abord de faible ou moyen calibre, ensuite par des tubes plus importants. L’augmentation des positions est particulièrement importante, à dépasser en effectif le Mur de l’Atlantique de la Seconde Guerre mondiale. Pour rappel, la Hollande n’est pas envahie pendant la guerre de 14-18. Le but est triple : empêcher les Britanniques de canonner la côte avec ces monitors, d’anciens bâtiments armés de pièces lourdes, interdire un éventuel débarquement de troupes qui pourrait prendre à revers les armées en Picardie et Belgique et de protéger les ports du littoral. A savoir, Nieuport, Ostende, Blankenberghe, Zeebruges et celui de la ville de Bruges qui comporte une importante base de sous-marins étant reliée par un large canal à Zeebruges. D’autre part, l’Amirauté anglaise projetait le 15 août 1917 un débarquement de 14.000 soldats à l’aide pontons à Middelkerke et Westende. Cet engagement était prévu deux semaines après le début de la troisième bataille d’Ypres, Comme celle-ci s’éternisa, le projet fut abandonné. Ainsi, à Bredene, à moins de 5 km à l’est d’Ostende, sort en arrière du cordon dunaire une formidable batterie dotée de quatre 38 cm posés en encuvement bétonné et tirant sur 360° ; trois à 45° sont sans protection particulière mais l’un reçoit une Bettung à 55° avec masque blindé. Deutschland ouvrira le feu sur les attaques anglaise d’Ostende et de Zeebruges en 1918, missions destinées à bloquer les Unterboote dans leurs ports d’attache, missions, glorieuses certes, mais se terminant sur autant d’échecs. De toutes ces positions défensives – et elles furent nombreuses, jusqu’à la frontière hollandaise – celle du bois de Leugenboom, l’arbre des mensonges, sise près du village de Koekelaere à 13 km au sud sud est d’Ostende demeure un cas à part.
Elle est codée par les Allemands Pommern. Son appellation vient de la région côtière au sud de la mer Baltique, la Poméranie, le pays au bord de la mer. Son unique canon de 38 cm SKL/45 est monté sur une Bettung à 55° avec masque blindé d’une épaisseur de 6 cm. Distante de 44 km de Dunkerque, la batterie Pommern utilise dans un premier temps des obus de 750 kg et de 743 kg portant respectivement à 34.700 et 38.700 m, cette dernière portée pouvant être augmentée à 44.000 m avec une charge spéciale. A partir de 1918, deux types d’obus de 400 kg interviennent atteignant 47.500 m et la portée remarquable pour l’époque de 55.000 m avec toujours un tube d’une longueur L45, soit le calibre multiplié par 45, une longueur de 17 m pour un poids de 77 tonnes, l’ensemble pesant sans son masque blindé 218 tonnes 500.

La position Pommern, le haut du croquis vers l’ouest, le bunker gauche de 12 m de large sur 10, l’encuvement de 3 m 60 de profondeur pour un diamètre de 20 m, le bunker de droite de 12 m de large sur 19. Le pourtour se constitue d’une barbette de 2 m de haut et large de 1 m 50, elle explosera lors de la tentative de sabotage du canon (RD).

L’encuvement est jouxté de part et d’autre par deux casemates bétonnées. Dans le sens du tir, à gauche, une réserve de gargousses de poudre et des bouteilles d’hydrogène dont l’usage demeure inconnu ; à droite, une chambrée pour l’équipage et une réserve d’obus avec chemin de roulement fixé au plafond. Les deux blockhaus sont équipés d’une voie de chemin de fer étroite de 60 cm pénétrant par les flancs extérieurs, lesquelles rejoignent par l’arrière de la position une voie normale de la ligne Ostende-Torhout. A quelques centaine de mètre au nord, une fausse position est créée afin de tromper l’observation aérienne Alliée dont la ligne à voie étroite est laissée bien visible. La voie approvisionnant réellement le canon est quant à elle judicieusement camouflée d’herbes et de terre. Curieusement, la position, au vu des photos verticales d’époque, est malgré tout parfaitement repérable. Les bunkers sont bien camouflés de filets mais le béton de l’encuvement ne semble pas enduit de tons de vert et brun et l’image d’Epinal de la ‘tourelle’ astucieusement peinte n’existe pas. Un dispositif important de générateurs de fumée complète le camouflage. Un abri proche est destiné au personnel et contient un groupe électrogène. Enfin, juste à l’arrière de l’encuvement, un long talus de terre engazonné servant de pare-éclats. La mission étant de tirer sur buts terrestres, il n’y a pas de poste de direction de tir ; les rapports de tirs sont fournis par l’observation aérienne allemande.

De g. à d., le masque blindé de la ‘tourelle’ sans camouflage tandis que d’autres illustrations semblent indiquer une peintures trois tons, les parois internes de l’encuvement présentent bien un camouflage, les blockhaus adjacents semblent en être dépourvu ce qui paraît assez illogique ; vue sur l’arrangement interne du masque de l’arme ; gros-plan sur la culasse de l’arme, la masse de ciment en haut à droite sert à équilibrer l’ensemble sur ses tourillons (DR).

Le positionnement du Lange Max ne s’effectue pas comme celui d’un simple obusier derrière un tas de terre, la construction du site s’échelonne du 15 octobre 1916 au 15 mai 1917, jour auquel la batterie se voit prête à ouvrir le feu. Elle se trouve sous le commandement du Kapitänleutnant Breutz, Matrosen Artillerie Regiment 2, et des Leutnant Bahlsen et Christian. Mais elle ne tire que le 27 juin, bien hors de portée des contre-batteries françaises. Horreur, le premier obus des 47 de la journée tombe sur le casino de Malo-les-Bains dans lequel le quartier-général du 15ème Corps britannique s’est installé : 11 morts et 13 blessés. Dunkerque, ses environs et son port ont encaissé 117 obus du Lange Max de Predikboom et 325 autres 38 cm de la position de Leugenboom faisant 114 morts et 187 blessés. Pendant la dernière année du conflit, la ville de Bergues et sa gare, ainsi que le village de Klein-Leysele sont également pris pour cibles. Pommern, pendant l’année 1918, tire plus de cinq cents 38 cm, sans être touché par l’artillerie de 305 mm sur voie ferrée française. Le 16 octobre 1918, constatant l’avancée décisive des armées françaises, belges et britanniques conjointes, ordre est donné du Grand Quartier Général de Spa de se replier et de détruire le canon. Le dernier coup, sans doute revanchard, atteint La Panne où le roi Albert 1er est retranché avec ses troupes. Pour une raison inconnue et au lieu de dynamiter ou d’utiliser des obus pour faire sauter l’arme, Breutz décide de pointer le tube en élévation négative devant la barbette, le parapet bétonné de l’encuvement, et de tirer un 38 cm. Espérant que celui-ci explose et désarticule le Lange Max. Idée farfelue car l’obus explose la barbette… le canon demeure intact ! Difficile d’imaginer l’effet pyrotechnique de cet instant fatidique. Le temps devait être compté, l’arme se trouve ainsi abandonnée.
L’histoire de Pommern ne se termine pas de cette manière, elle s’achève en un triptyque quasi touristique. D’abord, les armées Alliées, on pourrait dire toutes nations confondues, visitent la batterie afin d’engranger du renseignement quant à cette artillerie stratégique ; les autres batteries de la côte belge subissent l’auscultation des ingénieurs, surtout les Américains qui s’inspireront de l’expérience du Reich pour leurs propres positions de côtes. Suivent les ‘VIP’, Leugenboom devient the place to be pour les hauts gradés, les têtes couronnées ou non : le président Poincarré, George V, le maréchal Foch, le roi Albert 1er et son fils Léopold, futur roi, et le Premier Lord des Mers, Winston Churchill lui-même, pour ne citer que ces noms. 

Dans la gueule du Grand Max, preuve que la gent humaine à gagner avec le temps en carrure, ou simplement entre amis, dames en grande toilette et messieurs en canotiers, le canon assure sa célébrité (DR).

Ensuite, après guerre, une marotte digne du buzz actuel se propage, celle du ‘militaro-tourisme’. Les foules se pressent pour visiter toutes les batteries et celle de Pommern est la cerise sur l’obus. Des bunkers deviennent musées, des milliers de tonnes de bon acier, des millions de mètres-cube de béton rivalisent en autant de kermesses. L’attraction principale résidant à se faire photographier glissé dans le tube du canon ce qui laisse de marbre l’auteur de ces lignes. Puis, il y a la crise de 1929. Les musées ferment, les domaines militaires qui gèrent ces épaves prennent la décision de détruire le bétonné et de ferrailler les pièces qu’elles soient en bon état ou démantibulée. Sauf une : le Lange Max de Leugenboom. Pour quelle obscure raison ? Nul ne le sait à vrai dire. Seule la batterie Aachen est dûment conservée quoique démilitarisée, à Raversijde près d’Ostende : domaine royal et actuellement un prodigieux musée à l’air libre ! Les reliques de ce premier Mur de l’Atlantique sont actuellement très rares.
Adolf Hitler apprécie nos Flandres, il y revient en mai 1940 mais ce n’est qu’au printemps 1941, à une date difficile à préciser, que la Wehrmacht détruit intégralement le canon de Pommern, ses abatis sont expédiés en Allemagne pour la fonderie. Peut-être chez Krupp AG, lieu de naissance du Lange Max.

Le pourtour endommagé de l’encuvement de Pommern est reconstitué à l’aide de blocs de béton ; deux panneaux de bâches vinyle présentent l’historique de la position (R. Dehon).

Last but not least, tous les blockhaus de Leugenboom sont annihilés, l’encuvement résiste… et se cache pendant des dizaines d’années sous les remblais naturels et les arbustes. Jusqu’au jour, en 1997, où la réhabilitation du site commence doucement grâce à la ténacité des administrateurs d’une association. Actuellement, il est ouvert à la visite, agrémenté d’un petit musée très intéressant (voir les notes). Bon vent à eux et sacré Grand Max !

Robert Dehon.

Plage rase à Wissant.
Les plages du littoral belge étaient aussi fournies en bunkers que la côte du Nord-Pas de Calais. Il en reste peu de vestiges hormis le Domaine royal de Raversijde. Les Trente Glorieuses et leur élan immobilier et industriel ont effacé nombre de batteries, rantanplan, fermez le ban. Pourtant des projets de réhabilitation du patrimoine militaire sont à l’agenda, tourisme oblige. Tels le fort Napoléon et la batterie générique Hundius au coin est du chenal du port d’Ostende.
On le suspectait, on s’en doutait. Les casemates du Mur de l’Atlantique à Wissant sont à l’heure où vous lisez ces lignes tout aussi désintégrées. Et comme toujours, il y a deux partis : ceux qui exècrent cette présence de reliques allemandes et ceux qui, comme Opale Histoires, estiment qu’il fallait les préserver pour la Mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Au moins deux blockhaus et surtout le Regelbau 600, rare et en parfait état de conservation, un peu plus loin sur la grève.

‘Quand on veut, on peut’ affirme le dicton populaire ; point d’explosif, la force de frappe du marteau-piqueur moderne suffit.

Août 2007, un touriste allemand saute d’un bunker dans la mer ne se doutant pas de la présence de blocs de béton sous les flots. Malgré l’interdiction de baignade. De ses blessures, il passe à trépas en 2011, sa famille intente un procès et la ville de Wissant est condamnée à verser 260.000 € de dédommagement. L’affaire est encore en appel à l’heure de la frappe de ces lignes. Mais…
La coupe est pleine. Certaines casemates se désagrègent sous l’impact des eaux et les fers à bétons sont menaçants. Il faut dire que quelques blockhaus avaient servi au confinement de munitions en 1944 et ont explosées, laissant des structures qui ne cicatrisent pas. 
Des bunkers en mer ? Bien entendu, la ligne dunaire s’est effritée et a reculé au fil du temps. Le dossier dit « épineux » selon la Voix du Nord était au programme de la ville. Le 23 mars 2010, le conseil communal tranche : la totalité des blockhaus et son mur antitank sera détruite. L’aide de la Direction départementale des territoires et de la mer-DDTM de Boulogne-sur-Mer permet de dégager un budget d’Etat de quelque 200.000 €, financé à 80 % par celui-ci et 20 % par la commune qui est maître d’ouvrage. Dès février, les bulldozers équipés d’engins de percussion impitoyables grimpent sur les structures à abattre, même à marée haute. La tâche est considérée achevée au moment de ces lignes, mi-avril 2013.

Fort bien. D’autres se posent de multiples questions : avec une digue-promenade déjà fragilisée par les assauts de la Manche, la disparition des bunkers remparts aux lames du détroit ne va-t-elle pas ouvrir le champ à des inondations intempestives des quartiers résidentiels situés à l’arrière des dunes actuelles ? Que nenni, un projet de protection basé sur un budget Fonds Européen de développement régional-FEDER porté à environ 300.000 € pour 80 %, la ville à 20 %, devra permettre l’implantation de pieux de bois (!) ralentissant d’autant l’attaque des vagues. Selon « Typologie du Mur de l’Atlantique » de Rudi Rolf, une casemate R 600 présente 555 m³ de béton ! Le réensablement suivra, espère-t-on du côté des officiels. Nous croisons les doigts et espérons que ces dispositions suffiront.
Pour clore le débat, Opale Histoires offre la parole – souvent sage – de notre ami Hervé Olejniczak, auteur d’un livre qui fait dorénavant référence en la matière : « Le Mur de l’Atlantique dans la Baie de Wissant ». Il a suivi de semaine en semaine la destruction.
« Une page de l'histoire de Wissant se tourne. Ces témoins d'une autre époque étaient totalement désuets, anomalies dans le paysage, constructions d'un autre temps, complètement anachroniques de nos jours. La volonté municipale de les éradiquer était basée sur une logique parfaitement compréhensible et sur un certain bon sens: la sécurité des concitoyens est une mission primordiale, le problème est maintenant réglé.

Au milieu des gravats se dresse, verticale, la paroi d’acier de quelque 10 tonnes qui abritait, grand orifice, la mitrailleuse MG 34 et, petite lucarne, son optique de tir.

La réflexion cependant aurait pu être plus approfondie. Leur intérêt, bien qu'obscur pour certaines personnes, était bel et bien présent, et ce à plusieurs niveaux. Le premier était l'opportunité de visualiser un point défensif côtier allemand du second conflit mondial dans sa globalité, avec ses nombreux blockhaus aux fonctions différentes. Le second intérêt résidait dans ce que certains bunkers présentaient des particularités architecturales intéressantes pour qui veut bien s'y pencher: deux en particuliers: la casemate de type 630 pour mitrailleuse lourde, à la fois incluse dans le mur antichar, avec murs renforcés, et disposant d'un ensemble de plaques de blindage totalisant 35 cm d'acier, et bien entendu le bunker de type 600 pour pièce antichar de 5 cm KwK, connu de nombreuses personnes comme le "double escalier", en excellent état de conservation, rarement vu ainsi sur toute la côte française. Le troisième intérêt était le devoir de mémoire, ces blocks rappelaient les heures sombres de l'occupation, les souffrances de nos populations, privations, déportations, bombardements... Ces bâtiments avaient l'ultime fonction de stèles de mémoire, se souvenir afin que de semblables moments qui ont vu leur réalisation ne se reproduisent plus jamais.
Ce regard en trois phases n'était pas le fruit de quelques personnes isolées, mais d'une majorité de promeneurs, visiteurs, touristes, qui peut être n'épousaient pas les trois aspects mais une partie sûrement. Ces bunkers faisaient partie de l'histoire de la commune, « Wissant sans ses blockhaus ne sera plus le Wissant que j'ai connu » d'aucun ont dit, « j'y ai joué toute mon enfance », d'autres venaient de loin pour examiner ces installations, de Belgique, Hollande, Allemagne, Grande-Bretagne... Un reportage britannique y a même été tourné en 2012 et diffusé à une heure de grande écoute sur BBC 2. Nos voisins avaient ils perçu un intérêt que nous, habitants de la Côte d'Opale, étions incapables de voir?

C’était au temps où… la masse bétonnée au centre du cliché était le bunker Regelbau R 612, juste en retrait du mur antitank ; plus loin sur l’estran se trouvait le blockhaus à double escalier, rare et typique, le R 600 au style quasi bauhaus pour arme antichar (R. Dehon)

Ailleurs en France pourtant cette idée de conserver ce patrimoine fait du chemin, il suffit d'aller en haute et basse Normandie, Bretagne, Gironde pour s'en apercevoir. Des associations, des communes préservent et retapent ces constructions afin de ne pas oublier. Chez nous, face à l'Angleterre, alors qu'ici le Mur de l'Atlantique était le plus développé, nous pouvons désormais marcher sur des kilomètres de plage sans croiser la moindre fortification. Certains s'en réjouissent, mais quelque part nous effaçons des parties entières de notre histoire, aussi troublée soit elle.
Alors oui la dangerosité expliquait ce vaste mouvement d'éradication, mais peut être aurions pu nous conserver un ou deux bunkers, les plus pertinents, les fermer par des grilles et couper les échelons d'accès au toit afin d'empêcher des actes inconscients d'isolés, mettre quelques panneaux d'explications historiques, puis laisser la nature les engloutir au moment où elle l'aurait décidé ?. Ces blocks étaient certes des ruines de guerre, par conséquent potentiellement dangereuses. On ne fait pas n'importe quoi à proximité, mais en comparaison si quelqu'un se jetait du haut des murailles de Carcassonne viendrait-on à raser l'enceinte fortifiée ? Non. 
Quoi qu'il en soit aujourd'hui c'est terminé. La plage a retrouvé un certain aspect, celui d'avant 1942. Pour le plaisir des uns et l'amertume des autres ».

Hervé Olejniczak & Robert Dehon.
SOURCES
«Le Mur de l’Atlantique dans la baie de Wissant», Hervé Olejniczak et al, auto-production, 2009.
«La côte belge 1940/44, le Mur de l’Atlantique», Philippe Francart, auto-production, 2 tomes, 1988.

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SOURCES

Trois livres à épingler pour leur qualité informative, malheureusement deux ne sont pas traduits en français.
«Lange Max», Raf Seus & Luc Commeine, Uitgeverij Devriendt, 2002. Très bel album en néerlandais, sans doute le rapport le plus complet, avec de splendides illustrations et… un petit cours de balistique pour les matheux.
«Marinekorps Flandern», Johan Ryheul, Uitgijverij FlyingPencil, 1997. Par le pionnier belge en la matière, excellent.
«Le premier ‘Mur de l’Atlantique’, 1914-1918, les batteries allemandes au littoral belge», Franck Vernier, Editions du Patrimoine Militaire, 2012. Grand format offrant un très bon panorama des batteries et installations portuaires pour les U-Boote… en français, ce qui est peu fréquent.
«The First World War», John Keegan, Pimlico, 1999.
«Der Lange Max», Guy François, in Tank Zone Mag. N° 13, 2010.

NOTES

HMS: His Majesty Ship ; SMS, Seine Majestät Schiffe (navire de sa majesté).
Meppen: ville de Basse-Saxe près de la frontière hollandaise. 
Lieu-dit Predikboom: (anciennement un cabaret) près du village de Klerken au SSE de Dixmude (à moins de 20 km de la frontière française) ; l’arbre du prêcheur.
Leugenboom : arbre du mensonge.
Le Grand Quartier Général allemand à Spa: le Kaizer Guillaume II s’installe dans la ville d’eaux le 1er mars 1918 ; il réside au château Le Neubois où son bunker personnel est parfois visitable.

Pour visiter l’encuvement et le musée de la batterie Pommern, voir ce lien. Comme le site est en néerlandais voici quelques détails: ouvert le dimanche de mai à septembre, de 14 à 18 h., entrée adulte 3 €, il y a un plan d’accès sous le mot ‘ligging’ et une galerie de photos du musée.

 

 

 

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